En matière de légendes bretonnes, il est habituel d’entendre parler des Korrigans , de Brocéliande, etc… cet article n’en parlera donc pas. Je vous propose une petite visite virtuelle du pays de Fréhel….
Ce coin de Bretagne nord est encore assez isolé de nos jours (le train le plus proche est à plus de 20 kilomètres). Situé sur les bords de mer des Cotes d’Armor (22) , le Cap Fréhel est néanmoins assez connu.
J’y suis allé de nombreuses fois en vacances.
le cap Fréhel, perdu en pleine lande, source image http://www.hotel-22.com/images/cap-frehel-oui479-oui.jpg
Malgré son nom, le Cap Fréhel fait partie de la commune de Plévenon , et non de Fréhel (jadis Pléhérel) située environ 2 kilomètres plus loin dans les terres. Le paysage dominant de Plévenon est composé de landes, de cotes rocheuses, de plages dans les grèves et les criques. Les longues plages sont quasi continues jusque celles de Sables d’or, située environ 4 ou 5 kilomètres plus à l’ouest.
Le légendaire local est bien entendu adapté à ce paysage paradisiaque, un coin de nature encore relativement épargné. Pour commencer cette promenade, je vous propose de découvrir les légendes de ce pays de Fréhel.
LE CAP FREHEL ET LE FORT LA LATTE (PLEVENON)
On trouve au Cap Fréhel des histoires liées à Gargantua : si j’ai bien compris, certains rochers des falaises du cap Fréhel seraient les sabots que Gargantua auraient enlevés pour aller d’un bond à Saint Malo.
Les excavations rocheuses de ces falaises seraient censées être le repaire de fées. Sans doute des légendes rapportées par les marins ayant longé ces hautes falaises…
Un peu plus au sud-est, la légende raconte qu’il y aurait une sorte de faille. Des suppliciés et des damnés s’y trouveraient et il est dit que certains jours il serait possible d’entendre des cris plaintifs sortant de ce trou légendaire.
Si l’on poursuit encore un peu dans cette direction, on arrive alors face à ce majestueux édifice surplombant la mer :
source web de l'image :
Le château de la roche Goyon, plus connu sous le nom de « Fort la Latte », est situé sur le territoire de la commune de Plévenon, à environ 2 kilomètres au sud est du Cap Fréhel.
Peu avant d’entrer dans ce fort, on croise un grande roche surnommée « le doigt de gargantua ».
(une autre vue du fort, source image : http://vuesurmer.files.wordpress.com/2009/04/fort-la-latte.jpg
Les abords de ce fort abritent également une autre légende : une sirène mi-femme mi-poisson aurait retrouvé sa forme humaine lorsqu’un marin ôta l’anneau en or qui était sur sa queue.
Fou de rage, le dragon qui gardait cette sirène lança alors une grande tempête.
une sirène , source web : http://coloriage.gulli.fr/var/jeunesse/storage/images/coloriages/imaginaire/sirenes/sirene-14/7372269-1-fre-FR/Sirene-14_389x506.jpg
Si l’on retourne au cap Fréhel, il est dit que dans la lande se trouverait une magique « herbe de l’oubli » sur laquelle il ne faudrait pas marcher pour ne pas être frappé d’amnésie.
Mon oncle connaît pas mal de monde dans ce coin là, il m’a rapporté que dans les criques à quelques centaines de mètres à l’ouest du Cap auraient sévi jadis des naufrageurs : des gens qui faisaient des signaux aux bateaux, faute de phare à l’époque. Mais leur but était d’induire les bateaux en erreur, afin que ces derniers fassent naufrage. Ces naufrageurs étaient nourris par l’espoir d’amasser de fabuleux trésors venant de ces bateaux naufragés.
Saint Malo , la ville des corsaires, ne se trouve pas loin de ce coin, à une bonne trentaine de kilomètres. Je ne suis donc pas surpris de voir des légendes de trésor dans ce pays de Fréhel.
Plus à l’ouest dans ce pays de Fréhel en longeant ces interminables plages, il y a la commune de Sables d’or Les Pins
SABLES D’OR
Cette petite station balnéaire avait connu une gloire éphémère dans les années 1920/1930, certains la connaissent sans doute via la chanson d’Etienne Daho ( ça disait « à Sables d’or près des dunes… »).
Pour le nom de cette petite commune, la légende est la suivante : au large du petit estuaire sur l’îlot Saint Michel, se trouvait jadis un trésor, il fut englouti par les eaux. La mer déchaînée aurait transformé les lingots d’or en grains de sables qui seraient arrivés sur la plage
vue sur le cadre privilégie de Sables d’Or les pins (source image : http://archives.cotesdarmor.fr/asp/inventaire/frehel/Gestion/fenetre.html )
Il y aurait également une « légende de ville engloutie » à Sables d’or : au large de la plage, du coté de l’ilot rocheux, il y aurait eu jadis un village qui aurait été englouti par la mer….
En tous cas je me souviens que j’adorais jouer dans l’Aber à marrée basse. On l’appelait « la petite mer ». Ce petit bras de mer se trouve derrière la plage principale. En après-midi il était le plus souvent à marée basse. Il s’agit d’une étendue de lande marécageuse de sable et d’algues, avec à un endroit un rail dont j’ignore à quoi il servait, Un peu plus loin dans cette lande se trouve une sorte de mini ruisseau. Ca et là sur cette plage a sec on trouve des bateaux à même le sable qui attendent la montée nocturne des eaux. Quand la mer monte en soirée/fin après midi, le tout se retrouve englouti par la mer et cela devient une plage à par entière. Le spectacle de la marée montant dans cet aber est magnifique si on l’observe du restaurant situé en face (il se nomme « la voile d’or »).
Quand on est dans cette petite plage marécageuse a sec, sur la gauche il y a au loin des rochers,.si on va dans ces rochers, on aperçoit un ilot rocheux abritant une chapelle dans laquelle des gens vont régulièrement à pied, de Sables d’or à cette chapelle, lorsque c’est marée basse…. Est ce une piste pour cette légende de village englouti par les eaux ?
En tout cas je trouve que pour une cote maritime de même pas dix kilomètres de long, cela fait beaucoup de légendes, du fort la Latte à Sables d’or…..
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